J'avance dans cette ville, en terrain conquis, on me sourrit, on s'avance vers moi, on me claque deux bises sur les joues. "Tu vas bien, ca me fait tellement plaisir, on boit un verre un des ces jours hein, oui bien sur, on s'appelle, bisous, bisous, à bientot". J'avance, avec ceux qui sont "mes amis". On s'arrete, on boit un café, un verre, je fume trop, comme d'habitude. On repart, on croise des gens, on parle, on marche. J'entends mais je n'écoute pas. Je vois mais je ne regarde pas. Je suis vide, je marche, je sors, je fume, je bois, mais mon coeur, ma tête, mon corps, mes mains, tout mon être ne pense qu'à toi. Des gens parlent. Des reflexions, je fais comme les autres je ris, je ne sais pas pourquoi, je suis vide, je ne ressens plus rien. Je ne pense qu'à toi, je dissimule mes pensées derrière quelques sourires forcés. J'avance, en terrain conquis. Mon regard se brouille, je vois flou tout à coup, je sors mes Wayfarer, marmonne un leger "trop de soleil". Je pleure derrière mes belles lunettes, mais je souris. Je ne pense qu'à toi. Chaque heure, chaque minute, chaque seconde. Et j'avance, je souris.